Photographie panoramique de taille unique et encadrés – dimensions : 95 x 33 cm
La chute mémorable en planche à voile
J’ai trouvé la bonne : une grosse vague orientée ouest, accompagnée d’une petite rafale. J’ai failli décrocher en plein vol au sommet (le fameux « air-drop »).
Comme il n’y avait plus de vent en bas de la face de la vague, ma voile s’est inversée vers moi sous l’effet de la vitesse.
J’ai dû relâcher la pression en tirant sur ma main arrière pour laisser la voile s’ouvrir. À ce moment-là, le wishbone a heurté le bas de mon dos, rendant tout virage impossible.
J’ai prolongé un peu ma trajectoire, droit devant la vague, pour capter le vent dans le bon sens, puis j’ai basculé sur le rail opposé en appuyant sur la pointe des pieds.
C’est alors que j’ai observé la vague, qui s’était enfin animée, et que j’ai réalisé qu’elle était vraiment orientée ouest ; je perdais de la vitesse sans recevoir la moindre poussée.
J’ai élargi la fin de ma courbe pour optimiser ma sortie et j’ai gagné quelques mètres qui, au final, ont sauvé mon matériel.
Durant cette phase, j’ai mis en pratique ma technique de plongée « serpent de mer » — tête la première, sous la voile, avec le bon angle — pour m’enfoncer le plus profondément possible, compte tenu de la taille, de la vitesse et de la position de la vague.
J’ai reçu un violent choc sur le côté gauche du visage et l’oreille, et j’ai cru que ma dernière heure était arrivée. J’ai été surpris et vraiment soulagé de m’en sortir indemne, tout comme mon matériel.
Je suis remonté à la surface sain et sauf quelques secondes plus tard et j’ai vu mon équipement intact, flottant à une dizaine de mètres de là.
Je dois dire que je me suis senti comme le survivant le plus chanceux de Teahupoo ! Ce n’est peut-être pas le titre le plus glorieux dont on puisse rêver, mais ce fut assurément un événement marquant, qui a changé ma vie.
La deuxième vague est arrivée, a englouti mon matériel juste devant moi, et j’ai rejoint le jet-ski à la nage.
J’y suis parvenu de justesse, mais j’étais en état de faire un trajet rapide en jet-ski au-dessus du récif pour atteindre l’intérieur du lagon et récupérer les débris.
J’ai retrouvé ma planche, le pied de mât, la rallonge et le mât intacts, regroupés et toujours gréés.
La rallonge de wishbone était sectionnée, et il ne restait qu’un petit morceau de tissu à la base pour me rappeler qu’une voile se trouvait là auparavant.
J’ai continué à chercher aux alentours pendant une heure avec un autre ami, mais je n’ai rien trouvé.
La bête avait faim et a pris son repas. Elle adore le matériel Goya encore plus que nous, surtout avec un peu de sel et de la viande française. C’était ma session de 30 minutes de ces six derniers mois : la vie à Teahupoo.
Texte de Charles Vandemeulebroucke | Planchiste
350,00 €






